Article dans le Sud Ouest

Publié le par PR

En bas de page un article paru dans le journal sud ouest samedi dernier pour parler d'une élue citoyenne, - c'est à dire de moi. En gros le journaliste cherchait à savoir comment  on se sent dans un conseil municipal quand on n'est pas 'encarté'. S'il y a certainement des choses à dire sur le contenu de cet article, ce sont d'abord les commentaires qui m'inspirent.


J'ai bien aimé celui de notre Maire : la véritable citoyenneté, c'est l'indépendance, sans parti pris. Alors qu'en est-il de  mes collègues non encartés dans la majorité alors?  Ils sont indépendant bien sûr, sans parti pris et c'est pour cela qu'ils ont 'pris le parti 'de la liste UMP/Modem?


Ou encore : ...un drapeaux que l'on met dans sa poche devient un mouchoir! Oui, c'est un peu comme le sigle de son parti qu'on évite de faire figurer sur les affiches ou les documents de campagne. Nous en avons  un bon exemple en ce moment avec le site de Xavier Darcos pour les élections régionales: pas de sigle UMP, la couleur verte domine et on pourrait se croire sur une page des..... Verts!


Quand j'y pense, notre Maire était aussi très fort à ce jeu du drapeau dans la poche, choisissant également le vert comme couleur dominante lors de la campagne des municipales, en  faisant croire qu'il était 'apolitique', d'ailleurs le logo du Modem avait, lui aussi, disparu des documents de campagne.


De ce fait je ne peux qu'être d'accord avec Bernard Conte: l'apolitisme n'existe pas!  En ce qui concerne notre collectif citoyen, nous avions rejoint la liste de gauche et de rassemblement aux dernières élections parce que c'est justement dans les valeurs de gauche que nous nous retrouvons.


Alors, est-ce que nous sommes apolitiques parce que nous n'avons pas rejoint un parti?  Est-ce que tous ceux qui rejoignent un parti politique font de la politique pour autant? Certainement pas.Vouloir participer à la gestion de la cité, à son développement et s'engager pour défendre l'intérêt collectif, c'est cela faire de la politique il me semble, encarté ou pas.


Enfin le commentaire de Philippe Goyer, intéressant parce qu'il énonce une évidence: les collectifs citoyens sont des interlocuteurs de la vie démocratique. Une évidence pour nous depuis bien longtemps mais une découverte récente pour certains.

 

Bonne lecture.


Samedi 16 Janvier 2010


TALENCE, POLITIQUE. Petra Rosay représente le Collectif citoyen au sein du Conseil municipal. Non encartée mais élue avec l'opposition de gauche, elle apprécie cet espace d'expression

La foi de la citoyenne

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Petra Rosay sous le regard « tutélaire » des élus socialistes Stéphane Ambry (à gauche) et Georges Dupon-Lahitte. (photo p. f.)

Les conseillers municipaux non-encartés constituent un tiers de la majorité municipale d'Alain Cazabonne. Parmi les neuf élus d'opposition, la seule non inscrite dans un parti politique est Petra Rosay, qui représente le collectif citoyen. Après deux années « aux affaires », le point avec cette élue souriante... au caractère affirmé.

 

« Sud-Ouest » Quel parcours vous a amenée à siéger au sein d'un Conseil municipal ?

Petra Rosay Je suis née en Allemagne, arrivée en 1985, mariée avec un Français. J'ai toujours été engagée ans la vie associative depuis les parents d'élèves. Il faut s'intéresser à ce qui nous concerne. Ce genre de collectif, c'était les prémices de la démocratie participative. C'est nous qui avons créé les conseils de quartiers sur Talence avant la dernière élection, cela avant que la maire ne crée les Conseils communaux.

 

Votre engagement sur la liste de gauche, menée par Gilles Savary, n'a-t-il pas mis un terme à votre indépendance ?

Les élections municipales approchant, nous nous sommes posé la question de nous présenter libres ou avec la gauche... puisque nous sommes un collectif citoyen de gauche. Étions-nous prêts à une prise de responsabilités ? Mais on voulait que la gauche gagne.

 

Je ne suis pas dans un parti politique, car je pense que la politique oriente l'action citoyenne autrement ; il y a des stratégies d'appareil. Mon principe d'élue d'opposition est de voter en mon âme et conscience. Mais nous préparons les conseils municipaux ensemble.

 

L'expertise dont se prévalent certains membres du collectif n'est-elle pas biaisée par une fixation sur des aspects isolés de l'action municipale ?

Dans le collectif, tout le monde est l'égal de l'autre. Cela fait plus de dix ans que je fais partie de ces citoyens qui se mêlent de ce qui les regarde. Sur certains points, nous avons poussé la municipalité à faire ce qu'on voulait, comme avec les conseils communaux ou les ateliers d'urbanisme. Dans certains cas, cela peut paraître un peu obsessionnel, car le moment n'est pas forcément bien choisi. Comme pour la rémunération des élus que nous avons fait apparaître au moment des municipales ; c'était difficile !

 

Vous sentez-vous pleinement utile au sein de cette assemblée ?

J'existe au Conseil ; il n'y a pas de problèmes. J'ai des convictions et une vision de la cité qu'on peut faire valoir sans être encarté. Je peux dire ce que je veux.

 

Comment jugez-vous le maire, Alain Cazabonne ?

Son discours sur la Maison Talence, c'est un peu la Petite maison dans la prairie ! Par contre, j'apprécie que nous ayons une certaine liberté de parole au Conseil, vu ce qui se passe dans d'autres conseils municipaux !


Auteur : PATRICK FAURE
p.faure@sudouest.com


COMMENTAIRES


ALAIN CAZABONNE (MAIRE MODEM DE TALENCE):

« Le travail de Mme Rosay au Con­seil municipal est convenable, sans excès, avec des questions assez pertinentes. Mais c'est vrai qu'elle est assez inféodée aux élus encartés.          

Ce qui m'amuse un peu, c'est qu'il s'agit d'un collectif citoyen... d'opposition. Pas d'un collectif ci­toyen indépendant. Je pense que la véritable citoyenneté c'est l’indépendance, sans parti pris. Elle est toujours en accord avec l'opposition. Pour moi, un drapeau que l'on met dans sa poche devient un mouchoir ! Ce collectif est contre tous les projets municipaux: une fois, c'est un accident, deux fois,  une coïncidence, ensuite, c'est une habitude. »

 

STÉPHANE AMBRY (CHEF DE FILE DE L'OPPOSITION SOCIALISTE) :

« Ce qui est original et n'existe qu'à Talence, c'est que l'esprit de la campagne municipale demeure. Et dans notre action d'opposition, au Conseil, nous restons une liste. Cela n'empêche pas la liberté de parole des uns et des autres. Nous préparons toutes les réunions ensemble. Petra Rosay a toute sa place, comme si elle représentait un parti.

Ces « citoyens » n'ont pas de programme politique générai, mais mènent des actions. Ce n'est pas une construction globale, mais parcellaire sur des sujets précis. Je tiens beaucoup à ce que ce collectif soit représenté pour ce qu'il est: il n'est pas majoritaire dans la population. »     

 

 BERNARD CONTE (ÉLU D'OPPOSITION LES VERTS)

« Petra est une collègue que j'apprécie, dynamique, qui travaille bien. Mais sur le principe de la Société civile, je ne suis pas d'accord du tout ! Pour moi, l'apolitisme n'existe pas. La majorité des décisions prises en Conseil municipal ont un caractère politique, même si l'on tend à nous présenter la politique comme l'application de recettes consensuelles.

Les associations représentent des intérêts particuliers et la somme des intérêts particuliers n'a jamais coïncidé avec l'intérêt col­lectif qui est, lui, l'objet de la politique. »

 

PHILIPPE GOYER (CHEF DE FILE UMP AU SEIN DU GROUPE  MAJORITAIRE):

« C'est une élue assidue qui parti­cipe de manière active et sincère avec le point de vue qui est le sien, que je n'ai pas à juger. Pour moi, une opinion, du moment qu'elle respecte les valeurs républicaines, mérite d'être respectée. Les collectifs citoyens sont des interlocuteurs de la vie démocratique. »

Publié dans A Talence

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