Dix ans, et toujours le même scenario !

Publié le par PR

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Vendredi soir 17 juin 2011, j'ai pris un bain de jouvence: 10 ans déjà, pratiquement jour pour jour!

Mais c'est beaucoup plus confortable d'être spectateur qu'acteur dans un tel mélodrame.


Au printemps 2001 la crise de l'UST Tennis, au printemps 2011 remake à l'UST Natation.

Les décors ont changé, quelques acteurs aussi, mais c'est toujours le même metteur en scène, le même scénario et sans doute ... le même dénouement.

Flick'r

Ce vendredi soir donc je me suis assis au fond de l'assemblée dès 18h30, comme citoyen intéressé par la vie politique, associative et sportive de sa ville. Après présentation des personnalités invitées (représentants de la Mairie, du comité olympique départemental, de la fédération nationale de natation), le président présente l'ordre du jour de cette assemblée générale ordinaire, prévoyant naturellement rapport moral, rapport financier, bilan sportif et élections en vue de compléter le comité directeur. Puis discussion de points divers...



Dès la présentation du rapport moral par le secrétaire général, des interruptions violentes de quelques adhérents entravent le déroulement serein de la soirée. Systématiquement ces interventions portent sur des mises en cause de la politique sportive de « haut niveau » menée par l'équipe dirigeante. Qu'il s'agisse d'attaques personnelles contre un dirigeant, de présentation récurrente de situation personnelle de tel ou telle adhérent ou parent de nageur, il devient vite évident que l'objectif est de créer une situation ingérable et de faire durer …

Etant au fond de la salle, je remarque que ces interventions semblent orchestrées par une personne qui se présentera plus tard comme entraineur salarié du club, en instance de licenciement. Au bout de 2 heures de ce cirque, quelques personnes commencent à quitter l'assemblée: c'est vrai qu'il est déjà plus de 20 h et que l'on n'a pas vraiment avancé.



Le rapport financier, pour autant que j'aie pu en juger, parait sain, d'ailleurs il est validé par le vérificateur aux comptes désigné par la précédents AG, ce qui n'empêche pas des contestataires de voter contre ou de s'abstenir.

Le bilan sportif, présenté par le responsable sportif et administratif, fait état de bons résultats à différents niveaux de compétition.

Intervient alors, longuement, l'entraineur salarié mentionné ci-dessus: il reproche à l'équipe dirigeante un manque de moyens mis à la disposition des compétiteurs de haut niveau, tout en faisant état de sa situation personnelle. On apprend alors que ce salarié refuse depuis plusieurs années de se conformer aux directives de travail de son employeur, l'UST Natation, ce qui est à l'origine du conflit.

Je passe sur l'intervention lamentable d'un compétiteur, à 23h30, son objectif étant visiblement de faire traîner jusqu'à 23h55, la salle devant être libérée à minuit.



Le représentant de la fédération de natation, excédé, ayant quitté la salle, Monsieur le Maire prend la parole pour expliquer la position de la ville: visiblement il n'y a pas d'accord, il n'y a pas de candidat à l'élection du bureau, la convention d'objectif passée entre le club et la ville n'est pas respectée, par conséquent la convention d'utilisation des installations municipales par l'UST Natation est dénoncée !



Or, il se trouve que ce discours est mensonger ou que son auteur est mal informé, ce qui en telle situation est aussi grave.



Des candidats à l'élection du comité il y en avait. Qu'il n'y ait pas d'accord apparent c'est un fait, mais si l'élection n'avait pas été volontairement empêchée, rien n'interdisait aux opposants de se présenter, éventuellement d'être élus et peut-être majoritaires! Ce qui est la règle démocratique d'une association de type 1901.

Quoi qu'il en soit l'ordre du jour de l'AG n'a pas été épuisé.



Comme citoyen intéressé par la politique de sa ville, j'assiste quand je le peux aux séances du Conseil municipal. Malheureusement je n'ai pu assister à celui du 1er juin, au cours duquel la situation de l'UST Natation a été longuement débattue. Heureusement, les débats sont enregistrés et disponibles sur le site internet de la Mairie. Vous trouverez ici l'extrait où il est question de subvention réduite et de dénonciation de convention avec l'UST Natation (aller à la délibération n° 16).



D'emblée M. le Maire reconnaît avoir adressé un courrier aux adhérents de l'association, sans préciser en quoi il est légitime qu'il dispose d'un fichier d'adresses. Puis pour expliquer sa décision soumise à délibération il avance des arguments essentiellement conformes à ceux des opposants tels qu'ils ont étés exprimés à l'AG, le 17 juin. Il glisse même que les subventions accordées par la ville ne sont pas affectées conformément aux accords. Sur ce point je rappelle que les comptes de l'association ont étés validés règlementairement.



Dans ce courrier M. le Maire explique qu'il n'est pas question que 2 associations se partagent les installations municipales, mais s'il n'y a pas d'accord, la ville organisera la natation « loisir » par l'intermédiaire d'une régie municipale et confiera à une nouvelle association la gestion de la natation de compétition et de haut niveau. Passons sur les contradictions du discours dans lequel il est dit que l'avantage de la gestion bénévole c'est de réduire les coûts (au conseil municipal), mais que le coût de l'abonnement annuel à l'aquagym est moindre dans le cadre de la gestion de la ville que dans celle de l'association.


Cette contradiction apparente illustre le fait que les adhérents « loisir » financent pour partie la compétition, ce qui n'est pas forcément anormal. La question en suspens est de savoir qui financera l'association « compétition » quand il n'y aura plus les adhérents « loisir »? Les contribuables ? Et pourquoi ne pas faire le contraire? Que la ville gère la compétition et confie à une association la natation loisir?


Cela me semblerait plus conforme à la vision qu'a M. le Maire du sport et de la compétition.

 

Talençais depuis 25 ans, impliqué dans la vie sportive talençaise jusqu'à l'exil forcé de l'UST Tennis en 2001, je constate:

  • M. Cazabonne a été adjoint aux sports à Talence, avant de devenir Maire;

  • Il ne manque pas de montrer sa fascination pour les sportifs de « haut niveau », soit pour faire appel à eux comme médiateur en cas de crise (tennis, natation, …), soit pour aider leurs associations « caritatives » ou leurs opérations immobilières, soit pour parrainer des installations sportives municipales;

Sans vouloir faire de la psychologie de bistrot je m'interroge sur les motivations politiques de M. le Maire.

Dans le contexte socio-économique actuel il est notoire que le sport et sa professionnalisation outrancière est un miroir aux alouettes pour certains jeunes en difficulté. Les sommes colossales manipulées par les professionnels du sport (pas que les compétiteurs) font rêver bien des jeunes, en échec scolaire, au chômage. Quelquefois, et c'est peut-être pire, la fascination de la réussite sportive incite des parents à pousser outre mesure leurs enfants vers ce qu'ils croient être une réussite alors que statistiquement, les échecs sont beaucoup plus nombreux et graves que les réussites.


Sur ce terreau il est facile de mener une politique de manipulation des personnes, à travers un soutien systématique des salariés des clubs contre leurs dirigeants, des compétiteurs contre les pratiquants de sport loisir. Il est commode de disposer de bénévoles pour appliquer la politique de la ville: ils ne coûtent rien et sont facilement révocables en cas de désaccord.



Gageons que dès la fin de la convention (début juillet), les serrures des locaux mis à disposition de l'UST Natation seront changées au petit matin, mais, M. le Maire s'y étant engagé, tous les adhérents de l'UST Natation seront gracieusement autorisés à utiliser les installations municipales.



A la rentrée les pratiquants de la natation loisir pourront pratiquer dans un cadre de régie municipale, comme consommateurs donc et non plus membres d'une association, et les compétiteurs adhèreront à une association qui sera largement dotée en subvention par la Mairie.

Le prestige de la Ville ne passe t'il pas par des résultats sportifs de haut niveau?



Benoit Bergeon







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