Tribune du Talence citémag de novembre 2010

Publié le par PR

 

Talence :   Tapis rouge pour les placements immobiliers

 

 

Ces derniers mois, et à trois reprises, la Municipalité a cédé des terrains communaux à des promoteurs immobiliers :

Une partie du parc Robespierre à un particulier pour la construction de 3 maisons de ville, pour sa famille dixit Monsieur le Maire

La moitié de la prairie Bel Air, vendu à un gestionnaire de lits en maison de retraite côté en bourse, pour un  transfert des lits du Home Latour et... une vaste opération de rentabilité boursière.

Enfin, le terrain prévu pour une pépinière d'entreprisevendu à une société appartenant à un particulier ayant déjà investi, au côté d'un footballeur local très connu, dans une résidence hôtel sur le cours de la Libération, et pour construire, à nouveau, une résidence pour étudiants avec 75% de logements à loyers libres.

 

La pression foncière ne cesse d'augmenter en raison d’opérations immobilières qui se suivent et se ressemblent. Les promesses électorales de prise en compte d’une demande plus forte en logements sociaux et familiaux n’ont pas été tenues et l’urbanisation à coup de résidences en défiscalisation et récupération de TVA  est en plein boom, en attendant même les familles de la classe moyenne ne peuvent bientôt plus se loger sur la commune !

 

Pour nous, il est difficile d'accepter que les opérateurs profitent du ‘marché’ des personnes âgées ou des étudiants pour offrir des placements financiers extrêmement rentables aux plus riches, tout en pénalisant les familles !

 

Certes il faut :

des maisons de retraites, mais publiques, car ce sont les seules qui sont abordables pour les personnes à « revenus ordinaires ».

il faut des logements étudiants, mais il faut aussi des logements familiaux pour les moyens et bas salaires. Des studios, Talence en regorge et dans la plupart des résidences avec services un studio se loue près de 500 euros ! Trouver des T3, déjà entre 700 et 1000 euros, devient une mission impossible !

 

Pour ne pas augmenter les impôts, la commune a certes besoin d'argent, mais céder les derniers terrains communaux nous privera dans le futur de précieux lieux d'installation d'équipements publics, indispensables au vu de l'accroissement du nombre d'habitants dans notre commune.


Notre ville, très peuplée (5091habitants par km², la plus forte densité de la CUB), doit aussi sauvegarder des espaces naturels quand ils existent: pour préserver la biodiversité en milieu urbain, pour offrir une proximité de lieux naturels, de lieux récréatifs et de découverte qui ne se limitent pas à la taille d'un square avec un banc et un arbre planté à côté, le tout soigneusement grillagé ! Elle doit réfléchir à la valorisation des espaces pour la construction de logements mais aussi pour créer du lien social dans les quartiers.

Cela pose la question de l'intervention publique pour empêcher l’invasion par des programmes de spéculation immobilière et demande à imaginer des solutions socialement équitables qui permettent une vraie mixité sociale à des prix décents ! 

 

 

Petra Rosay, Collectif Citoyen Talençais

 

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Jean Minaberry 19/11/2010 01:53



Je suis talençais depuis plus de 6O ans et le paysage s'est bien sûr modifié avec cerainement, une accélération de la construction encouragée par la proximité du campus, mais également
par une demande de logements sociaux que la démographie croissante des années 60 a amené- génération d'après guerre ou indépendance de l'Algérie.. J'ai été agent recenseur en 1968 sur
Talence et sur la cité d'urgence en particulier. Les intérieurs habritaient des familles nombreuses et faisaient peine. Talence avait déjà grand besoin de logements sociaux. Les maires
socialistes dont Henri Deschamps ont créeTalence 2. Je ne suis pas certain qu on puisse qualifier Talence 2 d'un habitat réussi sur le plan social, pour y avoir travaillé plusieurs années comme
médecin généraliste remplaçant pendant mes études dans les années 1980, tant la proximité, la promiscuité des familles nombreuses, la densité de la population dans ces constructions pouvaient
générer un mal être dont je suis sûr que les quelques indicateurs retenus par les services sociaux ne traduisent pas l'ampleur. Je partage l'avis que des chiffres manquent pour évaluer le
rapport préjudices/bénéfices de l'évolution du foncier bâti sur Talence et sur la nécessité d'une vue plus globale et à long terme sur ces politiques urbaines. Je veux poser une seule
question en guise d'exemple: comment 2 communes Talence, Pessac ( Gradignan si elle est aussi concernée) peuvent laisser sur un Campus des blocs de pierre pour seule réponse au non
accès des gens du voyage sur le campus? J'ai connu une personne dépressive, gardienne du campus 47 (loyer gratuit) qui en plein jour fermait ses volets. Elle rececait des appels
téléphoniques à tout heure et des jets de pierres sur ces fenêtres en représailles de la surveillance qu'elle devait exercer à l'entrée du bâtiment. Ce n'est pas la construction en elle
même, ni la sécurité d'accès ou l'insuffisance d'un périmètre de verdure qui peuvent poser problème, c'est une concertation la plus large sur une qualité de vie, avec tous les acteurs économiques
et sociaux qui pourra nous aider à comprendre où sont les priorités dans l'habitat. Dr Jean Minaberry 


 



JOLY François 08/11/2010 10:32



Bravo Petra      continuez la lutte sur cette analyse que je partage complètement



PR 15/11/2010 11:00



On va faire ce qu'on peut.



Fragneau Jean Claude 07/11/2010 18:14



La Ville ce Talence posséde un haute densité mais Talence est me semble-t-il une ville de majorité de personnes aisées avec beaucoup de maisons individuelles ...


Mon impression est que les prpriétaires aisées veulent conserver leur tranquilité. Ns ne sommes ni à Cenon ni à Lormont....


Ce serait bien de posséder des analyses plus précises concernnant les C S P des  habitant Talence et ne pas toujours  insister sur la densité qui est à mettre en relation avc d'autres
chiffres


 



PR 15/11/2010 10:59



Merci pour ton commentaire, bien sûr d'autres facteurs sont à prendre en considération, le problème n'est pas la densification elle même, mais la manière de densifier at au profit de qui.