Débat: Mardi soir, salle Mauriac à Talence ...

Quel point commun peut il bien y avoir entre une dizaine de dames d'un certain âge, bon chic bon genre (certain les aurait appelées dames patronnesses) et autant de jeunes hommes, blousons  de cuir (un autre les aurait appelés racaille) ?
Ces 2 groupes étaient venus assurer la claque de leur acteur-vedette préféré: le maire sortant Alain Cazabonne. Pendant que Gilles Savary expose son programme, Alain Cazabonne déclenche, d'une grimace moqueuse les huées bcbg des premiers rangs, d'un froncement de sourcils les injures venues des flancs. Un numéro de chef d'orchestre sous les yeux connaisseurs de son frère jumeau, Didier, formé à cet exercice par son chef de file à Bordeaux: Alain Juppé.

De débat sur les enjeux pour la ville il n'y en eut pas. Quand Cazabonne parle de développement durable il ne peut que citer sa tardive et sommaire mise en place d'agenda 21, interdisant toute critique au prétexte que ce serait une insulte au personnel municipal, très engagé dans ce projet. La destruction de plusieurs hectares des rares espaces boisés de Talence, dénoncée par Savary, est tournée en dérision, puis justifiée par le coût de rachat par la ville de ces espaces verts: la mise en vente de quelques parcelles permettant d'acheter au prix fort l'ensemble du terrain. Le maire oublie de dire que lesdites parcelles auraient pu être classées en Espaces Boisés à Conserver, ce qui en aurait limité considérablement le prix du mètre carré.

J'oubliais la présence à la tribune de Philippe Rieu, pour la liste Couleur Talence. De "vraiment à gauche" selon son slogan à "au centre toute" à la tribune ce soir, Rieu n'en finit pas de nous promener. Difficilement il parvient à glisser entre les 2 ténors que l'écologie, n'est-ce pas, n'est ni de droite ni de gauche: tout le monde aura à coeur d'aider les Talençais à installer un récupérateur d'eau de pluie et des panneaux photovoltaïques. Ouf, on va réussir à sauver la planète !

Vous l'avez compris, de telles grand-messes républicaines ne sont à la démocratie que l'image de ce qu'il ne faut pas faire.

La démocratie vit du débat organisé entre citoyens. Il s'agit de confronter des idées bien sûr, mais aussi des points de vue argumentés. On ne peut plus accepter que la vie quotidienne des habitants des quartiers soit organisée par des édiles décidant de tout et pour tous, au bénéfice de quelques uns, justifiant leur pouvoir par leur victoire électorale acquise pour 6 ans par le clientélisme et la raillerie.

Benoit Bergeon